Héritage : est-il dû à un enfant à naître ?

L’héritage est un acte juridique par lequel une personne transmet, à son propre décès, des biens, des droits mais aussi des obligations (c’est-à-dire des dettes). La personne qui reçoit l’héritage est, précisément, l’héritier. Le régime juridique régissant les successions est le livre des successions du Code civil.

Informations préliminaires

En général, la personne qui rédige le testament, le testateur, est libre de désigner ses héritiers. Les héritiers peuvent être des personnes physiques ou morales (par exemple, vous pouvez décider d’allouer vos biens à une ONG).

Il existe toutefois une limite, car outre les héritiers désignés par le testateur, il existe des héritiers légitimes régis par le titre II du code civil. Ces sujets ont donc le droit d’hériter d’une partie au moins des biens. Pour en revenir à la question initiale, un enfant qui n’est pas encore né peut-il être considéré comme un héritier ? Voyons ce que dit le Code civil à ce sujet.

Succession : qui peut hériter ?

En droit successoral, il est important de garder à l’esprit le concept d’héritier légitime. En effet, quelle que soit la volonté du testateur, les héritiers légitimes ne peuvent être exclus de la succession.

La loi leur attribue en effet une part dont le testateur ne peut les priver, la part légitime. Les héritiers légitimes sont :

Selon le Code civil, les enfants héritent donc toujours au moins de leur part légitime. Une partie, en tout cas, est héritée par le conjoint survivant.

Un enfant qui n’est pas encore né a-t-il un droit à l’héritage ?

Les enfants n’ont pas seulement le droit d’hériter, la loi prévoit également une part légitime. Le problème se pose lorsque l’enfant n’est pas encore né, dans ce cas, il y a certaines limitations. Selon l’art. 462 du Code civil, “tous ceux qui sont nés ou conçus au moment de l’ouverture de la succession sont capables d’hériter”.

Il est important de comprendre, tout d’abord, qu’en vertu de la loi, une personne à naître ne peut pas être considérée comme une personne physique ayant une capacité juridique. Selon le droit civil, on acquiert la capacité juridique au moment de la naissance, c’est-à-dire avec la séparation du fœtus du corps maternel et avec la respiration pendant au moins un instant. Il n’y a donc pas de durée de vie minimale. Bien que le fœtus ne soit pas considéré comme une personne à des fins juridiques, il a des droits qui doivent être protégés.

Juridiction et loi

La loi protège non seulement la vie de l’enfant à naître, mais aussi ses droits, notamment en matière d’héritage. Un enfant à naître peut donc hériter, mais il s’agit d’un droit conditionnel. C’est-à-dire que certaines conditions doivent être remplies pour que l’enfant puisse hériter.

La première condition est d’être une personne à des fins juridiques, ce qui signifie qu’elle doit être née vivante et avoir survécu à la séparation d’avec sa mère pendant au moins un instant.

Si cette condition n’est pas remplie, par exemple parce que l’enfant est né mort, d’un point de vue juridique, l’enfant n’a jamais existé. Nous pouvons donc dire que l’héritage reste en suspens et en attente de développement. Si la condition est remplie, le nouveau-né devient un héritier, sinon l’héritage est réparti entre les autres héritiers.

Peut-on refuser à une personne son héritage ?

En principe, toutes les personnes qui ne sont pas considérées comme “indignes” expressément par la loi ou par un jugement peuvent être héritières. Par exemple, toute personne ayant commis des actes graves à l’encontre du défunt ou de ses proches (meurtre, calomnie, fraude) est exclue de la succession.

Il existe également d’autres limitations qui empêchent l’accès à la succession. Ils ne peuvent pas être héritiers, à quelques exceptions près. L’objectif, dans chaque cas, est de satisfaire les souhaits de la personne en ce qui concerne ses biens.